L'équipe

L'Institut réunit des gynécologues-obstétriciens, une embryologiste et des conseillers techniques formés en Haïti, en Europe et aux États-Unis. Chaque dossier est discuté en équipe avant qu'une décision soit prise.

Portrait du Dr Harry J. Beauvais

Mot du Directeur

Dr Harry J. Beauvais, MD, MPH

Directeur médical, Institut Haïtien de Fertilité

Nous avons choisi de construire ici

Il y a peu de choses qu'un couple confie à un médecin avec autant de pudeur que le désir d'avoir un enfant.

Ce désir ne s'exprime pas toujours avec des mots. Il arrive souvent après des années de silence, de tentatives et d'espoirs déçus. Lorsqu'un couple franchit enfin une porte pour en parler, il ne vient pas seulement chercher un traitement : il vient chercher une explication, une écoute, et la permission d'espérer à nouveau. C'est de cette responsabilité-là que tout est parti.

J'exerce la gynécologie-obstétrique en Haïti depuis 1990. J'ai fait ma résidence à l'Hôpital de l'Université d'État d'Haïti, puis j'ai partagé ma vie professionnelle entre la clinique, la santé publique et l'enseignement. Pendant toutes ces années, une réalité est revenue sans relâche : celle des femmes et des couples qui n'arrivaient pas à concevoir et à qui l'on n'avait rien à proposer. On estime qu'entre quatre cent mille et quatre cent cinquante mille femmes et couples sont confrontés à l'infertilité en Haïti. Ils étaient renvoyés au silence, ou à un voyage à l'étranger que presque aucun ne pouvait s'offrir.

J'ai toujours considéré cette situation comme une injustice, et non comme une fatalité. C'est pourquoi je suis allé chercher ailleurs ce qui n'existait pas encore ici : la fécondation in vitro et l'endocrinologie de la reproduction à l'université de Tel-Aviv, l'andrologie avancée à l'académie d'embryologie de la Cleveland Clinic et à Mumbai, la formation en FIV à Duke University, l'hystéroscopie opératoire à Caracas ensuite. Non pour les exercer là-bas, mais pour les rapporter. Le premier enfant conçu par fécondation in vitro sur le sol haïtien est né en octobre 2012. Je n'ai jamais rien vécu de comparable dans ma carrière.

Lorsque nous rendons l'excellence médicale possible chez nous, nous ne bâtissons pas seulement une institution : nous restituons de l'espoir à des familles, nous transmettons un savoir, et nous ouvrons une voie à ceux qui viendront après nous.

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Cette première étape m'a appris ce qu'il fallait construire ensuite. Elle a prouvé qu'une prise en charge de haut niveau était possible ici, mais elle m'a aussi montré tout ce qu'il restait à bâtir : un plateau technique de nouvelle génération, une véritable structure de formation, une capacité de recherche, et une ambition qui dépasse les murs d'un seul établissement. L'Institut Haïtien de Fertilité est né de ce constat. C'est une institution nouvelle, conçue dès l'origine pour aller plus loin, et organisée autour de quatre engagements : soigner, former, innover, transmettre.

Soigner d'abord. La médecine de la reproduction est un continuum, jamais une succession de techniques isolées. Nous n'orientons jamais un couple vers un traitement plus lourd que ce que son dossier justifie : la rigueur consiste autant à savoir proposer qu'à savoir s'abstenir.

Innover ensuite, au sens le plus exigeant du terme. L'innovation ne se mesure pas à l'achat d'un équipement, mais à la constance des procédures, à la qualité du laboratoire et à l'honnêteté des résultats que l'on publie. Une technique n'a de valeur que si elle est maîtrisée, documentée et reproductible. C'est cette culture de la qualité, plus que tout appareil, qui distingue un service d'une institution.

Former, enfin — et c'est peut-être ce qui donne à toute la démarche son sens véritable. Une institution qui garde son savoir pour elle-même ne construit rien de durable. Dès 2010, j'ai réuni un groupe de jeunes gynécologues-obstétriciens haïtiens et nous les avons fait former en Haïti ; ils sont aujourd'hui parmi les spécialistes du pays. J'enseigne par ailleurs depuis plus de trente ans, à l'École nationale d'infirmières, à la faculté de médecine de l'Université Notre-Dame d'Haïti dont je dirige le département de gynécologie, et au Global Health Institute de l'Université Duke. Nous souhaitons que ces compétences ne restent pas concentrées dans la capitale, mais qu'elles atteignent progressivement les autres départements du pays.

Un pays ne se construit pas uniquement par ses infrastructures : il se construit aussi par ses institutions scientifiques. J'ai déjà vu ce que la compétence organisée est capable de produire ici, et ce que nous avons accompli une première fois n'était pas un accident. Former un jeune professionnel en Haïti, c'est investir dans l'avenir collectif. Maintenir des compétences spécialisées sur le territoire est une forme de résilience nationale.

Cette ambition n'aurait aucun sens sans une exigence éthique équivalente. Dans un domaine aussi intime, la confiance précède toujours la technique : une information claire, un consentement véritablement éclairé, une confidentialité sans faille, le respect des convictions de chacun, et l'honnêteté sur ce que la médecine peut — et ne peut pas — garantir. Aucun centre au monde ne promet un résultat. Nous pouvons en revanche promettre la rigueur du raisonnement, la clarté des explications et la loyauté de l'accompagnement, y compris lorsque le chemin est plus long que prévu. La technologie ne doit jamais faire disparaître l'humain : elle doit le servir.

C'est pourquoi je m'adresse ici à plusieurs interlocuteurs à la fois. Aux couples : vous êtes accueillis comme une histoire singulière, jamais comme un dossier. Aux professionnels de santé : cette maison est aussi la vôtre, comme lieu de formation, d'échange et de recherche. Aux institutions nationales et aux partenaires internationaux : nous croyons aux collaborations construites dans la durée. À la diaspora haïtienne : votre pays développe aujourd'hui des compétences qu'il fallait autrefois chercher ailleurs. Et aux jeunes médecins, infirmières, sages-femmes et chercheurs : il y a ici un domaine exigeant, utile et profondément humain, qui a besoin de vous.

Nous avons choisi de rendre possible, ici en Haïti, ce que trop de familles pensaient devoir chercher ailleurs. Notre responsabilité ne s'arrête pas à la technologie ; elle commence avec la confiance qui nous est accordée.

L'équipe médicale

Portrait du Dr Harry J. Beauvais

Dr Harry J. Beauvais, MD, MPH

Directeur médical · Endocrinologie de la reproduction

Doctorat en médecine, Université d'État d'Haïti · MPH, Johns Hopkins University · Fellowship en FIV et endocrinologie de la reproduction, université de Tel-Aviv

Gynécologue-obstétricien, il exerce en Haïti depuis 1990 et a fondé le premier programme de fécondation in vitro du pays. Il enseigne depuis plus de trente ans, dirige le département de gynécologie de la faculté de médecine de l'Université Notre-Dame d'Haïti et est professeur adjoint au Duke Global Health Institute.

Portrait de la Dre Stéphanie Auguste

Dre Stéphanie Auguste, MD, PhD

Directrice exécutive · Nutrition et santé publique

Doctorat en médecine, Université d'État d'Haïti · Spécialisation en pédiatrie, HUEH · Doctorat en nutrition (PhD), Université de Montréal

Médecin pédiatre et docteure en nutrition, elle assure la direction exécutive de l'Institut. Professeure à l'Université d'État d'Haïti et à l'Université Notre-Dame d'Haïti, elle a été ministre des Affaires sociales et du Travail. Elle porte le volet nutrition et fertilité de l'Institut, dont le counseling nutritionnel préconceptionnel.

Portrait du Dr Ernest Désir

Dr Ernest Désir

Gynécologue-obstétricien · Échographie et médecine fœtale

Colposcopie, université de Picardie · Échographiste certifié, université catholique de Louvain et université libre de Bruxelles · Post-graduate, CHU Brugmann

Il a été membre de l'équipe multidisciplinaire de médecine fœtale et de l'équipe d'infertilité du CHU Brugmann, en Belgique. En Haïti, il a dirigé le service de gynécologie-obstétrique de l'Hôpital Saint-Joseph et la direction médicale de Profamil. Il a présenté plus de trente conférences en Belgique et en Haïti.

Portrait du Dr Serge Guichard

Dr Serge Guichard

Gynécologue-obstétricien · Responsable de la formation

Doctorat en médecine, Université d'État d'Haïti · Spécialisation en obstétrique et gynécologie, maternité de l'HUEH · Certificats en endocrinologie gynécologique, stérilité et colposcopie, université Paris VI

Formé à Port-au-Prince puis dans les hôpitaux de Paris, à la maternité Baudelocque et au centre de gynécologie Broca, il a complété un certificat en biologie de la reproduction au Kremlin-Bicêtre et un stage de sonographie obstétricale à New York. Il a enseigné à la faculté de médecine de l'Université d'État d'Haïti de 1980 à 1996 et exercé quinze ans à la maternité de l'HUEH. Il dirige le volet formation de l'Institut, mené en partenariat avec le Ministère de la Santé Publique et de la Population.

Dr Batch Jean Jumeau

Gynécologue-obstétricien

Professeur d'université · Président sortant de la Société haïtienne d'obstétrique et de gynécologie (SHOG)

Portrait de Natalie King

Natalie King

Embryologiste principale · Laboratoire de FIV

Plus de dix ans d'expérience en embryologie et en andrologie

Elle supervise le laboratoire et la conservation des embryons, des ovocytes et des échantillons de sperme. Elle se rend régulièrement en Haïti, où elle a réalisé la première vitrification d'ovocytes et la première biopsie de trophectoderme du pays.

Portrait du Dr Garry René

Dr Garry René

Gynécologue-obstétricien · Assistance médicale à la procréation

Diplôme de spécialiste en AMP (FIV, ICSI), hôpital Antoine-Béclère, Paris · Formation en insémination artificielle et FIV, clinique Sainte-Marie, Fort-de-France

Gynécologue-obstétricien depuis plus de 30 ans, le Dr René s'est formé à l'assistance médicale à la procréation à Paris puis en Martinique. Il dirige depuis 2006 la Villa Santé de Montagne Noire, clinique de soins complets pour la femme à Pétion-Ville.

Portrait du Dr Valerio Vital-Herne

Dr Valerio Vital-Herne, MD

Gynécologie · Hystéroscopie et laparoscopie

Plus de quinze ans d'expérience en chirurgie mini-invasive

Depuis 2021, il dirige l'Unité chirurgico-endoscopique de Pétion-Ville. Il a été professeur de chirurgie mini-invasive en collaboration avec le Minnesota Institute for Minimally Invasive Surgery à l'hôpital Bienfaisance de Pignon, et chef du service d'enseignement à la maternité Isaïe Jeanty et Léon Audain. Il a initié plusieurs générations de chirurgiens et de gynécologues à la laparoscopie.

Portrait du Dr David Walmer

Dr David Walmer, MD, PhD

Conseiller technique · Endocrinologie de la reproduction

Doctorat en médecine et doctorat en biochimie · Fellowship en endocrinologie de la reproduction et infertilité, Duke University

Il a dirigé le programme de fécondation in vitro de Duke University de 1990 à 2012, puis la division d'endocrinologie de la reproduction et d'infertilité de 2003 à 2012. Conseiller technique du Dr Harry Beauvais lors de la création du premier programme de FIV en Haïti, il poursuit ce rôle auprès de l'Institut Haïtien de Fertilité.

L'équipe de soins infirmiers

Autour des médecins, une équipe d'infirmières dévouées accueille, rassure et accompagne chaque patiente à chaque visite.

L'équipe d'infirmières de l'Institut
Des infirmières préparant une salle de consultation
Des infirmières dans le couloir de l'Institut

Parlons de votre situation.

Nous vous rappelons sous 48 heures ouvrées. Vous pouvez venir seule pour une première conversation, avant d'en parler à qui que ce soit.

Le couple pose avec son nouveau-né devant la plaque de l'Institut